L’injonction à réussir ou comment la peur de l’échec (me) nous tétanise

Créer sa propre voie…

Je lisais récemment un article sur un blog dédié à  la recherche d’emploi intitulé “Arrétez de vous demander ce que vous voulez faire”. Dans ce texte, l’auteur aborde la question de nos choix professionnels et de la façon dont on les prend. Souvent déterminés par nos expériences passées ou par le chemin que les autres tracent pour nous, ils nous conduisent régulièrement à une insatisfaction voire à  l’incapacité à (re)trouver un emploi pour lequel on se sentira réellement “motivé” et dans lequel on pourra s’épanouir. L’auteur termine son article en avançant l’idée que la question la plus importante à se poser est sans doute celle qui consiste à s’interroger sur ce que nous voudrions être plus que sur ce que nous souhaiterions faire pour parvenir ainsi à tracer sa propre voie.

… ben c’est pas si facile

Si cet article a retenu mon attention, c’est sans doute parce que ces réflexions font écho aux miennes. Je me demande constamment ce que j’aime et ce que je veux être et c’est de ces questionnements qu’est né cresco. Je partage complétement cet avis, je dirais même cette philosophie de vie.

Cependant, il me semble important d’insister sur les difficultés et là  me vient en tête cette magnifique chanson des années 80.

Si, si rappelez-vous elle disait quelque chose comme “être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile…”. (et c’est là  qu’on (que je) découvre que le groupe qui interprète cette chanson s’appelle Cookie Dinger. Merci les internet). Bon, on s’éloigne du sujet certainement… Mais une parenthèse culture musicale populaire est toujours bonne à prendre.

L’injonction à réussir ou comment la peur de l’échec nous tétanise

Bref, donc, pour en venir aux difficultés, il y a la première et sans doute la plus compliquée à surmonter qui est pour moi l’injonction à réussir. Nous évoluons tout de même dans un monde où l’échec n’est pas vraiment quelque chose que l’on tolère. Il est, dans l’imaginaire collectif, associé au manque de travail (ah ! l’échec à l’école, les coups de règle sur les doigts tout ça…), de volonté, de stratégie… Heureusement que certains comme Simon De Baene récemment en parlent plus librement. Eh oui, il arrive même aux meilleurs d’échouer parfois…

De quoi espérer que peut être, la place de l’échec continuera à être travaillée et questionnée. En effet, même si en théorie, l’échec est pour beaucoup un préalable, comme le dit Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie à Harvard, voire une condition de la réussite (Lao Tseu), dans les faits, échouer reste une épreuve honteuse et dont il n’est pas toujours évident de tirer des leçons

De quoi espérer que peut être, la place de l’échec continuera à être remise en question. En effet, même si en théorie, l’échec est pour beaucoup un préalable, comme le dit Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie à Harvard, voire une condition de la réussite (Lao Tseu), dans les faits, échouer reste une épreuve honteuse et dont il n’est pas toujours évident de tirer des leçons.

Le déni de dissonance ou comment la différence est peu valorisée

S’il y a bien une chose que je constate et dont je fais l’expérience quasi quotidiennement, c’est la tendance à l’uniformisation. Prenons par exemple la communication. Comme dans d’autres domaines, il y a des modes. Je pense spontanément à celle des slogans de territoires en anglais (Les Hautes-Pyrénées sont “Ha-py”, l’Aisne it’s open, Toulouse est “so”…) celle des logos des musées, … et il y a sans doute des tas d’autres exemples. Ce qui se fait ailleurs est valorisé, en faisant du “même”, c’est comme si on s’assurait d’être “tendance”, comme si, en se fondant dans la masse, on se prémunissait de l’échec (ah, vous voyez, on y revient).

Il me semble également que le conformisme est largement prédominant dans le monde du travail (et dans la société en général, non ?). Avoir un profil décalé, différent, pluri-disciplinaire n’est pas un atout pour être embauché aujourd’hui. Il vaut mieux rentrer dans les cases, l’employeur veut être assuré qu’on sait faire exactement la chose telle qu’elle a toujours été faite et qu’elle est effectuée ailleurs (si, si c’est du vécu). Alors, qu’on pourrait, en entreprise, en collectivité, valoriser la créativité, essayer de recruter en fonction du potentiel des candidats et pas forcément de leur aptitude à  exercer une tache parfaitement….

Revendiquer sa dissonance, n’est ce pas justement essayer de dépasser la question de l’échec et de la réussite ?

Enfin voilà , tout ça pour dire que créer sa voie (pour moi aujourd’hui, c’est lancer l’aventure cresco malgré toutes mes interrogations) ce n’est pas un but. Tout juste un cheminement jamais achevé, toujours en construction, qui se trace dans une succession de déséquilibres et de questionnements incessants.

Je crois qu’il est toujours bon d’essayer de garder à l’esprit que jamais rien n’est acquis et que tout ne dépend pas que de notre propre volonté. Il y a le reste du monde aussi.